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Monthly Archives: décembre 2008

Pélerinage à Porquerolles

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Cette deuxième quinzaine de juillet est marquée par un pèlerinage à Porquerolles un peu particulier. Je venais de lire un livre, partiellement autobiographique, intitulé « Porquerolles une île en cadeau de mariage » qui m’a rappelé des souvenirs racontés autrefois par mon père, hélas décédé cet hiver. Nous avions retrouvé quelques photos des séjours qu’il faisait dans cette île avant guerre, alors qu’il était jeune homme, montrant un groupe de jeunes gens de son âge parmi lesquels une certaine Lélia Fournier.
 
L’auteur du livre précité est Lélia Fournier-Le Ber. Cela pouvait parfaitement être la même personne et je souhaitais en savoir plus. Après avoir eu la confirmation qu’elle vivait toujours dans l’île, je lui ai écrit un petit mot auquel j’ai joint une photo, lui proposant de lui faire une visite. Quelle ne fût pas ma surprise d’avoir un appel de sa part presqu’immédiatement, souhaitant faire ma connaissance et évoquer les souvenirs de cette jeunesse heureuse, en particulier ceux concernant mon père dont elle avait la mémoire bien présente.
 
Elle m’a reçu quelques jours après dans sa belle maison donnant sur le port de Porquerolles, avec un de mes frères, également intrigué par cette coïncidence. La chaleur de son accueil, la précision de ses souvenirs et ses albums, dans lesquels nous avons retrouvé des photos de notre père prises environ 70 ans plus tôt, nous ont procuré une certaine émotion et beaucoup de plaisir, réciproques je pense.
 
Je devais retourner la voir, quelques temps après, avec un autre de mes frères venu presque exprès de Paris. Ce fut encore plus chaleureux, elle regrettait vivement d’avoir perdu la trace de notre père après la guerre et, bien sûr, de ne l’avoir jamais revu. Elle insista beaucoup pour que nous gardions le contact et puissions revenir la voir avec notre mère qui a presque son âge. Elle nous chargea de quelques bouteilles de ses vins de Porquerolles dont la renommée dépasse largement les îles d’Hyères et qui avaient été développés par son père après qu’il eut acheté l’île pour sa jeune femme, Sylvia Fournier, en 1911 (d’où le titre de son livre).
 

Croisière initiatique

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Début août, Marie est venue me rejoindre avec un nouvel équipage pour qui c’était une première  vraie expérience de navigation et de vie à bord.
 
Nous avons bénéficié d’une période de très beau temps, avec de la chaleur et des brises solaires, pour un petit périple de découverte des îles d’Hyères.
Un spectacle délicieux et rare nous a même été offert en quittant Port Cros, avec une petite troupe de dauphins pratiquant leurs activités favorites à quelques centaines de mètres de la côte, la chasse sous-marine et le jeu.
 
Hélas, l’amarinage de Bénédicte n’avait pas encore abouti le troisième jour, si bien que, ne voulant pas transformer cet essai en corvée, il a fallu l’interrompre, avec la ferme volonté de faire une nouvelle tentative ultérieurement, lorsqu’elle aura pu mener à terme sa grossesse actuelle.
 
Mettons toutes les chances de notre côté !

Transition à Hyères

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La suite du mois d’août a été consacrée aux retrouvailles avec les amis en vacances sur place et aux navigations familiales à la journée à partir d’Hyères, entrecoupées de coups de vent d’Ouest comme souvent à cette période de l’année. La température de l’eau, qui était remontée à 25° fin juillet, est retombée à 17° le 15 août. C’est un signe. Mais apparemment la météo était encore plus pourrie sur le reste du pays avec des tempêtes successives accompagnées de pluies fortes et même d’une tornade sur le Nord. Est-ce le changement climatique ? raison de plus pour épargner le fuel, devenu, en plus, si cher.
Cette période a été l’occasion de faire quelques photos et films de Dartag avec sa nouvelle GV, pour passer les longues soirées d’hiver au soleil. La navigation à deux bateaux, avec le tout nouveau et très bel Océanis 40 de Serge et Denise, encore en cours de mise au point, facilite bien les choses. Les bricolages et améliorations à bord ont permis aussi d’augmenter l’autonomie en électricité au point que le moteur est resté quasiment au chômage pendant presque un mois. Même les démouillages sont faits à l’électricité solaire au cours d’appareillages et de manœuvres 100% à la voile.
 
A cet égard, le remontage et recâblage du sondeur d’origine (tridata que j’avais pu récupérer miraculeusement chez Axemer) est une réussite, car on peut ainsi bénéficier de toutes les fonctions vitales en évitant d’allumer l’écran et surtout le sondeur numérique DSM 300, inutile dans la plupart des cas : bilan, 3 à 4 ampères économisés en permanence. J’envisageais de revendre cet équipement, mais j’ai découvert qu’il reste utilisable en cas de besoin. Dès sa mise sous tension, il se substitue au sondeur tridata sans conflit dans le système Seatalk de Raytheon, contrairement à ce que m’avait dit le technicien de SD Marine. Bonne surprise.
 
L’éolienne qui était restée stockée dans son équipet tant que le soleil était haut dans le ciel et les journées longues, a retrouvé sa place en haut du portique. Son appoint est bien utile si l’on veut utiliser les moyens modernes de communication, notamment l’ordinateur, en particulier pour les appareils photos numériques, caméra DV et Internet sans recourir aux sources d’énergie fossile.
 

Retour à la maison

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Finalement nous avons atterri aux Embiez avec un temps pluvieux annoncé pour le lendemain. Nous n’avons pas été déçus, avec presque huit heures d’averses orageuses diluviennes et des coups de tonnerre impressionnants. La transmission du son, par la mer aussi, nous donnait l’impression d’être transformés en caisse de résonnance. En fin d’après-midi, nous avons pu ouvrir le panneau de la descente et sortir la tête, avant de risquer un débarquement pour une petite promenade sous la grisaille dans cette île tellement coquette, mais désertée par ses habitants en cette arrière saison tristounette.
 
La fin du parcours nous fit encore passer par Les îles du Frioul puis le cap Couronne avant d’arriver à Frontignan. Une belle escorte de dauphins, comme on en voit de plus en plus, nous a encore fait ouvrir tout grand les yeux devant ces merveilles de la nature.
 
Nous dégusterons encore à bord un déjeuner gastronomique centré sur une ratatouille aux petits légumes de Pamparigouste accompagnée de brisures de saumon sauvage et arrosé de
Champagne, avant le désarmement.
 
Vivement la saison 2009, avec un nouveau dessalinisateur opérationnel et une escapade en Méditerranée Est, cette fois.
 

Au revoir les Sanguinaires

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La météo menaçante pour la semaine suivante, nous incita à regagner Ajaccio, pour le cas où nous devrions attendre avant de retraverser vers le continent. Nous y sommes restés une semaine, avec un fort régime d’Ouest, profitant de cette escale pleine de ressources et d’amis dont les légumes du jardin sont un enchantement. Le micro-ordinateur du bord ayant lâché prise à Figari (série noire ?), nous avons même pu le remplacer dans d’excellentes conditions avec tout le temps nécessaire pour réinstaller les logiciels et fichiers.
 
Encore une belle traversée à la voile (seulement 3h de moteur, dont 2 pour s’éloigner de l’île) pour rejoindre directement le continent. Nous projetions plutôt une escale à Porquerolles, mais un avion de surveillance maritime, nous a interceptés à 15 milles au sud du Levant pour nous rappeler, ainsi qu’à quelques autres navires, l’AVURNAV activant la zone pour des activités militaires dangereuses.
Devant de tels « bruits de bottes » au demeurant très courtois, nous n’avions plus qu’à obtempérer, avant d’avoir droit à la vedette qui nous aurait arraisonnés et peut-être verbalisés, éventuellement saisis et remorqués pour croupir dans je ne sais quel port nauséabond, en attendant que notre situation soit examinée par une autorité insensible au graissage de patte mais peut-être soucieuse d’obtenir une rançon (non, je rigole, nous sommes dans un grand pays démocratique qui est un vrai état de droit, heureusement, et notre Marine Nationale est la meilleure garantie du respect de ces traditions sur les mers).
 
 

Problème d’hélice à Figari

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Le passage des bouches de Bonifacio par force 6 d’Est fut un régal, partagé avec quelques rares voiliers en cette fin septembre. L’alternance de quelques averses avec le soleil nous a donné de jolis arcs-en-ciel sur fond de falaises blanches avant d’arriver à Figari.
 
Ce petit port abri bénéficie d’une ambiance familiale sans doute en raison de la gentillesse et de la disponibilité du maître de port.
 
En prenant notre poste à quai, une vibration suspecte au moment de passer en marche arrière, me conduisit à une plongée d’inspection le lendemain matin. Hélas, elle me permit de constater la perte de l’un des galets de butée de marche arrière sur l’hélice Kiwiprop. Le fournisseur, appelé immédiatement au téléphone, me rassura en affirmant que la propulsion en marche avant pouvait fonctionner normalement quand même, mais qu’il m’envoyait, à la capitainerie, en urgence, trois pièces de rechange au cas où ?. Il me rappela deux heures plus tard pour me confirmer l’envoi, précisant que la livraison était prévue le lendemain samedi entre 10h et 13h. Chapeau pour cette rapidité et cette efficacité.
 
Ce contretemps nous donnait l’occasion de visiter le village le plus proche et d’y faire quelques courses. Il porte de joli nom de Pianottoli-Caldarello et se trouve à trois kilomètres, avec une dénivelée de 150 mètres. Bonne occasion de sortir le vélo pliant de son sac et de bénéficier des superbes panoramas depuis la route.
 
La capitainerie étant fermée le week-end, je m’y installai dès 9h30 en attendant le livreur, n’abandonnant qu’à 13h30, bredouille. En fait il était passé avant mon arrivée, et avait déposé l’enveloppe dans la boite aux lettres. En passant dans l’après-midi par hasard, le maître du port que j’avais prévenu, la trouva et me l’apporta immédiatement. Quelle chance ! Je n’avais plus qu’à remonter la butée neuve à la Loctite, ce qui je fis au cours d’une troisième plongée dans de l’eau encore à 22°, donc sans combinaison et sans bouteille. Presque une partie de plaisir.
 
La mise en route du moteur et l’appareillage le lendemain matin donneront bien quelques sueurs froides mais sans objet : le tout fonctionnait parfaitement. Ouf !
 

Nouveau départ, vers l’Italie cette fois

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Mazoutage, plein d’eau, ravitaillements divers, et attente d’une météo favorable pour appareiller en direction d’Ajaccio. Le 3 septembre une petite fenêtre se présente avec une prévision de 24 h de vent de Sud-ouest force 3-4, suivi par une bascule d’Est fort. Bingo, c’est gagné avec une traversée 100 % à la voile, et dans d’excellentes conditions. Le lendemain, il nous aurait fallu attendre au moins trois jours de plus, bloqués par un coup de vent d’Est d’après les Hyérois restés sur place.
 
La douceur des soirées ajacciennes est légendaire, surtout avec d’excellents amis, revus chaque fois avec plaisir. Nous poursuivons ensuite notre route vers la Sardaigne, avec une petite appréhension, car nous n’avons rien pêché depuis le départ. Il nous faut réamorcer la pompe à nourriture fraîche. Alors nous tentons le tout pour le tout en regréant une palangrotte pour profiter d’un mouillage paisible sur huit mètres d’eau et un fond herbeux. En moins d’une heure, avec comme appâts quelques escargots décrochés sur les rochers proches, nous prenons 5 vieilles de belle taille. Ouf, c’est reparti.
 
Le passage dans les canaux de La Maddalena puis le long de la Costa Smeralda par 20 à 30 nœuds de vent d’Ouest est un spectacle magnifique, agrémenté par les entrainements de quelques voiliers de compétition du monde entier, préparant sans doute le Sardinia Cup organisée à Porto Cervo chaque année début septembre. Et dans ces eaux poissonneuses, nous renouons avec le succès en prenant quelques bonites affamées.
 
Hélas, une jeune mouette inexpérimentée se jette aussi sur notre rapala et s’y prend, au point que nous craignons qu’elle se noie. Avec précaution nous la ramenons le long du bord à l’extérieur des filières et la saisissons par la tête afin de décrocher l’hameçon qui, heureusement, s’est piqué par une seule pointe, dans le dur, sous son bec. Une fois libérée, nous la lâchons avec une toute petite blessure, et elle tombe à l’eau d’où elle redécolle immédiatement, probablement avec une légère douleur, et un gros « ouf » de soulagement…. Nous, en tout cas, nous en poussons un. Encore une qui, désormais, fait « du rab ».
 

Traversée Thyrénienne

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A force de musarder et de déguster tout ce que nous découvrons ou redécouvrons, la saison s’avance, les jours raccourcissent, donc les nuits deviennent plus longues et plus fraîches. Il nous faut donc envisager de rentrer dès qu’une bonne probabilité de faire la traversée retour à la voile, se présentera. La météo italienne, dans laquelle nous commençons à avoir vraiment confiance, nous y aidera.
 
Deux jours plus tard, nous retrouvons la Sardaigne après 230 milles et seulement 2h30 de moteur. La première nuit fut noire, sans lune et sous une couverture nuageuse épaisse, donc sans étoile, mais avec une bonne brise portante, évoluant comme l’avait prévu la météo. Le radar, et ses alarmes, fut mis à contribution de manière quasi permanente en raison de l’abondance des grands navires dans cette mer Tyrrhénienne très fréquentée par les croisiéristes et les porte-conteneurs sans doute en route ou en provenance du canal de Suez. L’arrivée dans les canaux de la Maddalena, à la voile, au début de la deuxième nuit noire a demandé un peu de concentration, sachant que les récifs, sèches et obstacles divers y sont nombreux. Nous faillîmes même emplafonner une grosse bouée verte dont la lumière était éteinte. Nous l’attendions, mais l’avons vue au dernier moment. Heureusement que les cartes Navionics sont à jour !
 

“Voir Naples et mourir” (Goethe citant un dicton populaire)

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Après avoir vu tout cela, nous pensions, nous aussi, que nous pouvions mourir. Certes, mais le plus tard possible. Alors nous avons repris la mer pour finir la boucle dans la baie de Naples. Des pétarades très fournies de jour comme de nuit nous ont intrigués. Cette région d’Italie abrite de nombreuses usines de pâtes mais aussi de feux d’artifices qui doivent avoir beaucoup d’invités et leur offrent probablement des démonstrations quasi permanentes, même le dimanche. Au début cela surprend, puis on s’habitue à ces pratiques locales.
 
L’actualité de ces derniers mois concernant cette ville, parlait beaucoup des ordures ménagères laissées à l’abandon suite à la défaillance (mafieuse ?) de la collecte. Manifestement la question a été partiellement réglée en jetant tout (ou une bonne partie) à la mer. En effet, la navigation dans ces eaux consiste (un peu) à éviter les plus gros paquets de détritus, branchages, plastiques, et autres déchets flottants divers, parfois de belle taille. Le reste a dû couler ou être consommé par les oiseaux charognards ou poissons nécrophages. En contrepartie, la pêche est excellente et, malgré nos appétits gargantuesques et nos énormes cales frigorifiques (sic!), nous avons été débordés. Il nous a fallu remplir des bocaux de conserves de bonites cuites au court-bouillon, découpées en filets et stockées dans l’huile d’olive et le jus de citron.
 
Le mouillage à Nisida est excellent et particulièrement sûr, en raison de la présence dans cet îlot du commandement des forces navales de l’OTAN en Méditerranée, ce que nous ignorions. Les rondes de vedettes de carabiniers et la présence de navires de guerre de nombreuses nationalités différentes au mouillage, sont des indices qui ne trompent pas. Les pirates n’ont qu’à bien se tenir. Mais il n’y a aucune restriction à la navigation. Bravo.
 

Capri comme avant et pour toujours

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En approchant de la baie de Naples, nous nous attendions à avoir de moins en moins de vent.
Hélas ce fut le cas, et, sur les vingt cinq milles du trajet vers Ischia, où nous n’avons passé qu’une nuit, au pied du majestueux Castello des rois d’Aragon, seuls les sept derniers l’ont été dans le silence. C’est une façon de parler, car de fortes explosions résonnent toutes les dix minutes et l’on voit des champignons de fumée blanche jaillir peu avant de la montagne : des tirs de mine, des exercices militaires, des essais d’un fabricant d’explosif local ? Mystère.
 
La risée Volvo fut aussi nécessaire pour notre arrivée à Capri, mais, cette fois, ce sont les premiers milles du parcours qui avaient bénéficié d’un zéphyr suffisant.
 
Cette île est célèbre depuis l’antiquité pour son luxe, son calme et sa volupté. Cette troisième visite, dix ans après la précédente, n’a fait que confirmer que cette réputation n’est pas usurpée. Le mouillage nord, juste à l’ouest du port, était à peu près calme, bien que le plan d’eau soit parcouru en permanence par les navettes en tous genres qui la desservent, mais aussi par les embarcations assurant le transport des milliers de passagers des navires de croisière qui y font escale.
 
Par chance notre visite a bénéficié d’un temps calme, d’un ciel immaculé et d’une visibilité presque infinie sur la totalité de la baie de Naples, y compris l’impressionnant Vésuve. Le petit funiculaire nous a permis d’économiser nos forces pour profiter des points de vue les plus remarquables, mais aussi des rues commerçantes où sont présentes toutes les marques du luxe mondial, des traverses permettant à peine de croiser un Piaggio et des allées tranquilles passant entre les villas de rêve ou extravagantes, les plantations de citrons, tomates, agrumes ou les vignes. La luxuriance des plantes et fleurs nous rappellent que l’eau est disponible en quantité à Capri et c’est sans doute aussi la raison pour laquelle les grands de ce monde, depuis 2000 ans (le premier a probablement été l’empereur romain Tibère) l’apprécient.