Dans le port de Mahon (mouillage interdit depuis quelques années) nous avons cru qu’un corps mort libre nous attendait. Hélas, quelques heures après nous y être amarrés, il a fallu le libérer pour son propriétaire, de retour de sortie, et retourner presque à l’entrée du port, au seul mouillage autorisé, Cala Taulera. Trente cinq minutes d’annexe à chaque trajet pour aller en ville. Ne nous plaignons pas trop. Par beau temps, c’est presque une promenade tellement le site est varié et agréable, et le transport du ravitaillement par voie d’eau n’est pas vraiment un problème.
 
Ce mouillage lointain nous a incités à visiter les fortifications de la Mola. Le circuit payant est très intéressant et permet de resituer dans l’histoire les efforts qu’on fait les différents occupants pour se maintenir dans cette île stratégique en Méditerranée depuis des siècles. On est presque heureux d’apprendre que les énormes canons de marine installés à l’extrémité de la presqu’île entre les deux guerres, et parfaitement visibles lorsque l’on passe au large, n’ont jamais servi. Le dernier tir d’entrainement date de 1996 et, depuis, ils rouillent tout doucement. « Si vis pacem, para bellum ».
 
Une rencontre avec l’équipage de ZEENA, un ketch Contest 36, qui faisait les mêmes escales que nous depuis quelques jours, a été originale. Ils vivent à bord depuis cinq ans et reviennent juste d’un grand périple en atlantique Ouest. Ils se sont rencontrés alors qu’ils naviguaient chacun en solitaire, se sont mariés en grande pompe, à l’antillaise, et depuis, ils ont un bateau en trop ! Leurs expériences des mœurs et des administrations exotiques dans les grandes Caraïbes ou au Venezuela sont bigrement enrichissantes. Malgré quelques aventures un peu « limite », ils donnent l’impression d’être prêts à tout et que rien ne peut leur arriver. Quelle sérénité et quelle capacité d’adaptation ! Les voyages forment sûrement la jeunesse, mais pas seulement la jeunesse. Leur intention est maintenant de faire un petit break dans le coin des Charentes, mais ce n’est probablement pas pour enfiler définitivement des charentaises.
 
Les grèves de Météo France sont habituelles, mais en cette mi-juin 2008, elles ont revêtu un caractère original. Les avis de coup de vent devaient être diffusés sur les bulletins BLU, également transmis par Monaco Radio. Mais les textes lus regroupaient toutes les zones large Méditerranée en signalant simplement qu’il n’y aurait pas de vent supérieur à Force 7. Heureusement les prévisions espagnoles et surtout italiennes, disponibles sur de merveilleux sites internet, avec des cartes en couleurs, décrivant la situation prévue toutes les trois heures sur trois jours, répondaient toujours présent. De plus, c’est gratuit et plutôt fiable ! Alors que demande le peuple ? Quand donc ces scientifiques français de haut niveau, sans doute parmi les plus privilégiés et les plus reconnus de tous les fonctionnaires, comprendront-ils que leurs modes de protestations contre on ne sait trop quoi, ou qui, ne nuisent qu’à eux-mêmes et à l’image de « gréviculteurs » qui nous colle à la peau ?