Après les fêtes et obligations familiales de la fin juin, dans le Lyonnais et en Normandie, retour à bord début juillet, pour un convoyage jusqu’à Hyères avec de vieux amis et leur fils de 7 ans. Eric a découvert la voile sur le tard, mais a mis les bouchées doubles au cours de belles navigations sur différents bateaux, essentiellement en Manche et Atlantique. Mais ils ne connaissent pas la Méditerranée.
 
Excellente occasion de découvrir ses paysages variés lagunaires ou montagneux, et la richesse de ses formations rocheuses côtières avec un expert en géologie comme lui, mais aussi un régime de vent qui laisse peu de place aux brises régulières par rapport aux calmes, aux perturbations orageuses et aux coups de vent. Alors nous avons profité des caprices de la météo pendant une semaine, démouillant même en pleine nuit d’une crique balayée par une grosse rafale imprévue, accompagnés par un régime général plutôt musclé d’Ouest. Dans les calanques de Cassis, en ce début d’été, la température de l’eau atteignait à peine 16° ! Cela étonne toujours ceux qui croient que la Méditerranée est une mer chaude.
 
Au mouillage aux Embiez, l’emêlage d’une ligne de pêche dans le gouvernail a incité Eric à plonger pour la dégager. Mais avec la température de l’eau et le clapot levé par le vent d’ouest, il n’a pas eu rapidement le succès escompté. Au contraire, ses forces l’ont abandonné en quelques minutes et il a fallu aller le chercher avec l’annexe, heureusement immédiatement disponible, frigorifié et épuisé. Grosse émotion qui prouve qu’on n’est jamais assez méfiant avec les éléments apparemment accueillants. Heureusement, une fois la ligne récupérée, il y avait au bout une belle oblade qui a fait les délices de Martin le soir même.
 
Le lendemain, par petite brise, nous n’avons pas résisté au plaisir d’un tour de la rade de Toulon en longeant l’arsenal, et la surprise a été grande d’y voir le porte-avion Charles de Gaulle, en fin de révision décennale, fortement protégé dans sa forme de radoub remise en eau. Bientôt il reprendra la mer et ses missions de « protection de nos intérêts vitaux » sur toutes les mers du monde. Comment sont-ils défendus lorsqu’il passe deux ans en cale sèche ?
 
Après cette petite croisière côtière, mon équipage débarque devant l’aérogare du Palyvestre à Hyères, bronzé et complètement amariné (très rapidement), puis reprend des habitudes de terriens pour la suite de ses vacances prévues en montagne.