Après la saison 2007 (voir la chronique « Première saison sur Dartag » de janvier 2008), je savais quelles étaient mes priorités pour 2008, avec l’ambition de fignoler la mise au point du bateau pour une croisière plus longue et plus lointaine, mais pas encore cette année où nous resterons en Méditerranée occidentale.
 
Il fallait régler tous les petits problèmes sous garantie avec le chantier Axemer à Argelès, mais aussi améliorer le bateau sur trois points principaux : les voiles, l’hélice, le dessalinisateur.
 
Pour les bricoles, le chantier est intervenu en deux fois pendant l’automne à partir de la liste que je lui avais fournie, mais pratiquement aucun des problèmes signalé n’a été réglé, à l’exception de ceux dont je m’étais chargé moi-même et dont les factures de pièces m’ont été remboursées. Mais le câblage loupé du Navtex, la coupure du guindeau, le palan de l’écoute de GV, la porte du frigo gondolée, etc…. sont restés défaillants. Quant à la jupette du saildrive, si elle avait bien été remplacée, la nouvelle n’a même pas tenu quinze jours après la mise à l’eau et il m’a fallu l’arracher à nouveau en plongée pour éviter d’autres dégâts. J’ajoute que les factures fantaisistes qui m’ont été adressées après ces interventions ne font guère envie de poursuivre des relations avec ce chantier.
 
En comparaison, le sérieux et l’efficacité du service après-vente de Volvo laissent admiratifs. Le revêtement noir de l’hélice tripale fixe d’origine s’était partiellement décollé au cours de la première saison. Le concessionnaire Volvo de Saint Cyprien est venu la remplacer à Port Leucate sans aucun frais pendant l’hiver. Par ailleurs, un rappel constructeur concernant le bloc électronique du moteur D2-40 m’a été adressé. L’échange a été fait la semaine suivante dans les mêmes conditions. Chapeau !
 
Pour les voiles, il m’a fallu me rendre à l’évidence. Elvströem, quasiment en faillite fin 2007, contacté par Axemer, aurait refusé toute prise en charge et je n’avais plus que mes yeux pour pleurer. Le génois que j’avais fait retailler et équiper de bandes de rattrapage de creux dès 2007 par mon voilier habituel de Frontignan était utilisable, mais pour la GV il n’y avait rien à faire. J’en ai donc commandé une neuve, et, après avoir consulté quatre autres voiliers, j’ai confié sa réalisation à Clipper Voiles avec qui nous avons finalement opté pour l’Hydranet Radial, avec une coupe triradiale et des lattes verticales qui permettent le rond de chute même avec un mât à enrouleur (gain de surface 7 m2 soit +20%).
 
Après bien des hésitations, compte tenu de l’impossibilité d’avoir des témoignages d’utilisateurs, j’ai commandé une hélice à mise en drapeau Kiwiprop chez l’importateur français qui, ne pouvant être présent au salon nautique de Paris, proposait un prix attractif. Son poids plume (moins de risque pour le saidrive), sa fabrication en composite (pas de corrosion) et sa simplicité (pas d’engrenages) plaidaient principalement en sa faveur.
 
 
La question du dessalinisateur a duré tout l’hiver. Les mesures de production d’eau douce et de consommation électrique faites à bord, tant par moi-même que par l’importateur (REYA), montraient qu’il était très loin des spécifications techniques alléchantes (35 l/h avec 28 A) qui m’avaient fait opter pour ce modèle HP-UC 35. Après démontage et nouveaux tests au banc chez REYA, il est parti en Italie chez le fabriquant pour expertise. Mais il n’a pas été possible d’obtenir un compte rendu d’essai crédible satisfaisant. Il m’a donc été remboursé purement et simplement, sans autre forme de procès. Cela se termine donc plutôt bien, sauf que je n’avais plus le temps d’en installer un autre avant la saison. Je devais me résoudre pour cette année à embarquer quelques jerricans pour faire la corvée d’eau avec l’annexe, comme autrefois.