Après avoir vu tout cela, nous pensions, nous aussi, que nous pouvions mourir. Certes, mais le plus tard possible. Alors nous avons repris la mer pour finir la boucle dans la baie de Naples. Des pétarades très fournies de jour comme de nuit nous ont intrigués. Cette région d’Italie abrite de nombreuses usines de pâtes mais aussi de feux d’artifices qui doivent avoir beaucoup d’invités et leur offrent probablement des démonstrations quasi permanentes, même le dimanche. Au début cela surprend, puis on s’habitue à ces pratiques locales.
 
L’actualité de ces derniers mois concernant cette ville, parlait beaucoup des ordures ménagères laissées à l’abandon suite à la défaillance (mafieuse ?) de la collecte. Manifestement la question a été partiellement réglée en jetant tout (ou une bonne partie) à la mer. En effet, la navigation dans ces eaux consiste (un peu) à éviter les plus gros paquets de détritus, branchages, plastiques, et autres déchets flottants divers, parfois de belle taille. Le reste a dû couler ou être consommé par les oiseaux charognards ou poissons nécrophages. En contrepartie, la pêche est excellente et, malgré nos appétits gargantuesques et nos énormes cales frigorifiques (sic!), nous avons été débordés. Il nous a fallu remplir des bocaux de conserves de bonites cuites au court-bouillon, découpées en filets et stockées dans l’huile d’olive et le jus de citron.
 
Le mouillage à Nisida est excellent et particulièrement sûr, en raison de la présence dans cet îlot du commandement des forces navales de l’OTAN en Méditerranée, ce que nous ignorions. Les rondes de vedettes de carabiniers et la présence de navires de guerre de nombreuses nationalités différentes au mouillage, sont des indices qui ne trompent pas. Les pirates n’ont qu’à bien se tenir. Mais il n’y a aucune restriction à la navigation. Bravo.